Charleroi Espace Meeting Européen
Ghislain Olivier

Ghislain Olivier

"Ars moriendi"

Sa vie

Né en 1947 à Angleur, dans la province de Liège, Ghislain Olivier est avant tout un autodidacte. C’est en voyant le gérant du cinéma Excelsior réaliser ses affiches que lui vient l’envie de dessiner. Entre autres correcteur, journaliste, revuiste, galeriste, peintre, poète, éditeur hors-normes, cet artiste ne se laisse pas enfermer dans un système.
Arrivé à Charleroi en 1964, il collabore ensuite pendant plusieurs années avec un journal local. En 1984, il organise une exposition collective au Palais des Beaux-Arts avec Puzzle, un groupe d’artistes autonomes et éclectiques travaillant collectivement mais aujourd’hui dispersés. Parmi ceux-ci, on peut citer par exemple Bernard Josse, Philippe-Henri Coppée, Guy Barbier, Philippe Van Hooland, Dirk Opstael, Damien Delepeleire.
En 1990, il s’oriente vers la microédition et fonde Les éditions de l’heure. Auteur de diverses performances éditoriales et expositions personnelles et collectives en Belgique et à l’étranger, Ghislain Olivier décède en 2010 laissant une trace indélébile dans le paysage artistique carolo.

Son oeuvre
Non-conformiste et originale, l’oeuvre de Ghislain Olivier s’apparente à l’art de la rue ; c’est en effet dans celle-ci et dans les bistrots, au gré des rencontres et des conversations, qu’il trouve son inspiration et recueille le matériel qui lui permet de réaliser son oeuvre phare : une performance éditoriale conçue comme un work in progress visant à la fabrication et à la publication de 300 titres. Aidé dans son travail par Julia Solimando, l’artiste dira par ailleurs : « Je n’édite pas des livres, je les fabrique ». Les éditions de l’heure regroupe une collection de petits livres-objets aux formats variés dans lesquels on retrouve tantôt des poèmes, des essais, des récits de vie, des nouvelles,… tantôt des dessins, des collages,… issus principalement d’auteurs carolos mais pas uniquement. Réalisés de manière totalement artisanale et originale, les oeuvres des éditions de l’heure relèvent d’un concept de micro-édition hors du commun et en marge de l’édition traditionnelle.
Au final, l’éditeur-auteur se définira plus justement sous le terme d’artiste comportementaliste. 

Parmi ses nombreuses collaborations, on citera entre autres sa participation à un album dédié à la collection du Musée des arts contemporains du Grand-Hornu, sous la direction de Laurent Buzine.
On citera également des artistes tels que Jacques Lennep, Thierry Tillier, Benoît Piret, Philippe Toussaint….

En tant que plasticien, Ghislain Olivier privilégie des expressions directes, immédiates, simples, subliminales. Auteur de plusieurs autodafés artistiques, nombre de ses œuvres picturales ont été conçues comme des performances avant tout.

L’exposition du CEME : Ars moriendi (18/02/2005-15/03/2005)

« Ghislain Olivier suggère l’insaisissable plutôt qu’il ne s’attache à rendre des formes. Il évite que l’oeuvre ne se ferme en une dimension unique, évite les objets univoques, toutes choses clairement identifiables.
Une multitude de procédés sont mis en place pour opérer cette suggestion, pour déborder le conscient, traverser des mondes invisibles, sous-jacents, compossibles.
Les plans de lecture se superposent tandis que certains archétypes y fonctionnent de manière transversale.
Le vase, le verre, l’urne… la féminité du contenant a aussi sens de recueillement. Elle renvoie à la question de la mémoire, à ce fertile abîme, à l’origine du monde.
Le temps ne se révèle que par les traces qui l’ont marqué, la nuit ne s’observe que par ses voiles de lumière. L’image est trop parlante pour suggérer ces perceptions fugaces, ces entre-deux, ces déchirements.
Ghislain Olivier opère par points de suture sans fermer la matrice. De l’empreinte typographique à la mémoire numérique, en passant par le pinceau du calligraphe, les traces font leur office, aussi légères soient-elles.
Ailleurs l’encre suit les lignes perforées de vieux patrons de couture aux couleurs chair. Ces tracés destinés à la découpe décrivent des membres disloqués autant qu’ils font penser aux scarifications sur la peau, aux premières marques de mémoire alors que nous n’avions de meilleur support… Entre-deux sans dehors ni dedans, un sens des premiers âges surgit dans ces produits de l’industrie moderne. Ghislain Olivier en use tout en s’affranchissant des mécanismes régulateurs, joue d’interstices dans les trames du destin, ouvre d’autres perspectives, injecte un peu de fluide dans les rouages de la mémoire. » (texte de Jean-Philippe Goffaux)

Conçue comme « une installation éphémère et fragile de la vie », l’exposition présentée au CEME est constituée d’une série d’encres de Chine et de brou de noix sur papiers préparés à partir de cartons de couture collectés dans les poubelles d’un ancien magasin situé à la rue Neuve à Charleroi.

L’exposition a donné naissance à la publication d’un petit livre-objet : « Ars Moriendi - La mémoire ».

Quelques liens utiles

Charleroi-hd.tv

Les éditions de l’heure