Vee Stephan

26/04 > 18/05 // 2013


Charleroi Espace Meeting Européen

Vee Stephan

26/04 > 18/05 // 2013


Par del le sacr et le profane, l’artiste lude tout espace de rfrence.

Si le monde se forme sur un tissu narratif, Stephan Vee use de la sociologie comme germe de ses uvres : impressions langagires, croyances, jeux du dire et du su en forment l’ADN, ptri d’ambigut.
Le tout, port lesthtique par cet adepte de la transparence.

Lanonymat, la perte, l’ubiquit de soi, Stephan Vee les chorgraphie en une topologie diffuse et sensuelle.
Lobjet final, cest la subjugation, cette ngation profonde qui porte au dvoilement, la mise nu.
J-Ph. G.

Stephane vee.com

Angles de vues

Homomorphies

Glandes mammaires, mamre(s) , le registre psychanalytique nous en dit long sur le sujet. Sans jamais en poser un terme dfinitif.
La question reste ouverte, entre la reconnaissance de soi et lincorporation du dsir, entre attraction et rpulsion, entre vouloir et lgretabsolution. Lambivalence est de mise, comme dans la plupart des oeuvres de Stephan Vee, qui joue de niveaux d’interprtation et d une esthtique peaufine.

Ces amas de ttons nous offrent une double interprtation, une double curiosit : Peut-on toucher ? (NON !) Est-ce un dlire de loeil ou un fantasme corporel ? Est-ce une terre nourricire, est-ce un appel, est-ce un fantasme ou une mise au tombeau ? Est-ce un retour vers le sacr ou une oeuvre profane ?

La symbolique rappelle ces corps gisant par dessus les cadavres et taills dans la pierre, en un dsir dternit. Mais tout autant, le pragmatisme de la vie, le sein, la nourrice.
A mi chemin entre ltre et ltant, entre univers humain et ses racines dternit.
Un retour la source, lessentiel, mais galement un jeu brouill didentit o chaque prominence provient dune personne propre.

Est-ce propre ? Est-ce mien ou autre ? Au cur des constructions psychiques, le sein par excellence est un objet transitionnel. Lenfant, tenant sa poupe par le pouce et lindex, forme par ce contact un corps entier. Que dire du sein qui le nourrit, et prend la position de lentiret du monde ? !
Corps plein pourvu dobjets de transition, transit vers un corps plein.

Homomorphies , le titre renvoie une question de genre, d’espce, par del la diffrence de sexe. Glandes atrophies, hypertrophies, reste le questionnement !

Figures doubles torsions/ Portraits danonymes

Luvre peinte dcline luvre sculpte, en dautres termes, en dautres liberts. Installation ou propositions srielles, la cursive ouvre un espace de lgret o le regard perd sa noirceur, ou les pores de la peau deviennent des perles, refltant lunivers, et la perle la peau.
Le symbolisme et lorigine sy questionnent, ou se crent nouvellement, libres des codes du pass.
Libres torsions auprs du sol, tandis qumergent en hauteur des tres achevs, sur cods ou sur investis, rendus leur anonymat, voire.. leur prcarit.

Symbolismes de formes primaires, faisant appel nos schmes structuraux.
Jeux du multiple et de lunique qui soffrent lun l’autre, jouent dempreints et de formes, et soublient au final en un jeux dcomplex.

En parallle, les clbrits, fortes de leur narcissisme appartiennent tout autant l’autre. Du sujet l’objet, lensemble se dissout, se tourne, au gr des lois du monde.
Ces portraits sont-ils pile ou face ?

Figures double torsions sur caissons topographiques.

Les formes perles sur fond de matriaux composites voquent les figures du kamasutra, autant que le symbole de linfini ou quelque quation tacite de lorigine.

De nouveaux schmes de prhension simposent. Libre naturalisme, dsenclav des lourdeurs du pass. Lhorizon se libre, se dfinit par lintrieur. Une bio-esthtique plus quune mtaphysique, pour parler, toujours, de lhumain.

Revenir nouveau pour repartir ensuite, se nouer dans le lieu du dpart, soffrir en mille facettes sans en fixer aucune.

Les caissons aux lignes traces, mais sans repre, voquent une virginit topologique laquelle, demble, est lie la forme singulire. Jeux de repres consensuels et forces libres des procds de vie, donneront couleur lhorizon, maculeront le ciel lui mme, mais encore nous ny sommes

36 faons de refaire le monde.

Expression pure de projections alatoires, trente six faons de refaire le monde rige en dimension humaine la profusion de sens sans condition. Conceptions macules , le dtournement de traces, ou taches, nous offrent leur revers subliminal.

Portrait danonyme / Conceptions gmellaires.

Labsence se veut une force, et lombre un destin qui joue de la lumire. Entre mat et brillance, lancrage du devenir dans le ciel du pass, recherch.
A mme le sol, les conceptions gmellaires arpentent lordre passif, ou donn, de ltre qui sefface, pour une part de lui-mme.

J-Ph Goffaux